République démocratique Du Congo
Face aux braconniers, la survie du parc de la Garamba, en RDC, tient du miracle permanent

Avec l’insécurité chronique, les conflits régionaux, un terrain difficile et l’isolement, la préservation du parc national de la Garamba, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, représente un défi immense, peut-être plus que nulle part ailleurs sur le continent africain.

"La simple survie de la Garamba est un miracle absolu", n’hésite pas à dire Chris Thouless, de l’organisation de défense de la nature Save the Elephants. "C’est l’une des parties les plus troublées d’Afrique".

La région est au confluent de nombreux conflits : au nord, le Soudan du Sud a plongé dans la guerre civile en 2013 ; la Centrafrique voisine connaît depuis presque trois ans des violences inter-communautaires ; et l’est de la RDC reste gangrené par les groupes armés.

L’enjeu est simple : il y a quarante ans, le parc abritait près de 500 rhinocéros blancs du Nord, 23.000 éléphants et 350 girafes. Aujourd’hui, les rhinocéros ont disparu et il reste moins de 1.500 éléphants et seulement 38 girafes.

La première fois que Pete Morkel a visité la Garamba pour placer des colliers traceurs sur les rhinocéros, dans les années 1990, la Garamba était bien différente. "C’était très facile de voir des rhinocéros et il y avait beaucoup plus d’éléphants, d’hippopotames... juste beaucoup plus de tout", explique ce vétérinaire namibien, âgé de 55 ans.

En février, il est revenu dans le parc pour équiper du même dispositif des éléphants et des girafes, après leur avoir administré un somnifère à l’aide d’une fléchette tirée depuis un hélicoptère.